Sciences Po a démontré, preuves à l’appui sur 10 ans, qu’il est concrètement possible d’ouvrir les meilleures formations supérieures à un éventail social d’étudiants très large.
Et qu’il est possible de conjuguer excellence et diversité dès lors qu’on refuse le malthusianisme des grandes écoles.
a) Excellence et diversité peuvent être conjuguées si l’on refuse le malthusianisme des grandes écoles : le nombre des élèves à Sciences Po est passé de 4 000 en 1997 à 8 400 en 2008 :2009, plus qu’un doublement. C’est l’ouverture quantitative qui permet de faire de la place à tous les talents, à tous les mérites.
Aucun établissement sélectif n’a eu une telle politique au nom de l’idée, que ‘l’ouverture fait baisser le niveau’. Le motif du refus d’accroître les effectifs réside le plus souvent dans la volonté de préserver l’identité de l’Institution et sa singularité sociale. Ce réflexe de fermeture a contribué à accentuer encore un peu plus la coupure entre les élites française et les catégories sociales qui se sentent inéluctablement et massivement exclues des avantages de la réussite scolaire, professionnelle et économique.
Le choix de Sciences Po n’est pas synonyme de nivellement par le bas, ni de perte d’identité. La réussite de l’ouverture sociale de grande ampleur réalisée rue Saint-Guillaume s’est accompagnée d’un succès jamais rencontré jusque là par Sciences Po chez les jeunes Français.
Le brassage social est effectif.
- Le % d’élèves boursiers est passé de 8 à 20 % en 6 ans ; les boursiers du CROUS reçoivent un complément de 50% du montant de leur bourse ; l’aide financière directe aux élèves, financée sur les ressources propres de Sciences Po, a été multipliée par 10, de 400 000 euros à 4 M d’euros par an.
- Le % d’élèves très défavorisés est passé de 3 à 6%, alors qu’il est stable à l’université et en classes prépas ; à Sciences Po, les étudiants très défavorisés réussissent leurs études et leur entrée dans la vie professionnelle alors qu’ils échouent en grande majorité à l’université ou aux concours d’entrée des grandes écoles.
- Les droits de scolarités sont structurés en 8 paliers, allant de 515 à 5 150 euros, et corrélés aux revenus du foyer fiscal de rattachement. Ainsi les classes moyennes qui ne bénéficient pas de bourses ont à s’acquitter de droits de scolarité d’autant plus modérés que leurs revenus sont limités. 25 % des élèves de Sciences Po ne paient pas du tout de droit de scolarité. Pour devoir payer le montant le moins élevé, un ménage de deux parents et deux enfants doit gagner 4 000 euros nets par mois.
- Les élèves sélectionnés selon la procédure Convention Education Prioritaire représentent à la rentrée 2008 14 % des élèves français entrant en 1ère année.
- En même temps, 25% des élèves de Sciences Po appartiennent aux 2% des familles les plus aisées de France.
A Sciences Po, le brassage social dans la réussite de tous par les études est devenu une réalité.
L’attractivité pour les élites scolaires :
Depuis l’année 2000 :
- Les candidatures en Master ont augmenté de 60 % ;
- Les candidatures à l’entrée en 1ère année ont plus que doubler, de 3 600 à 7 600 ;
- Les Bacheliers mention Très bien se pressent aux portes de la rue Saint-Guillaume : ils étaient 1 700 en 2008, contre 1 200 en 2007 et seulement 450 en 2001 ;
- Les taux de sélection à l’entrée sont devenus terribles : 9 % à l’entrée en master ; pour l’entrée en 1ère année : 9 % à l’examen, 15 % pour les CEP et 22 % pour les mentions Très bien.
Sciences Po est devenu le symbole d’une université très sélective mais ouverte, à l’aise avec son temps et avec les nouvelles générations – donc très attractive. Excellence et diversité dans un même mouvement : c’est possible. C’est effectif à Sciences Po. Cela ne doit pas être réservé à Sciences Po. Ce modèle nouveau est possible ailleurs.