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Richard Descoings

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Sciences Po et l'enseignement supérieur

Pourquoi est-il si important que Sciences Po attirent des étudiants venant du monde entier ?

Les étudiants étrangers qui viennent étudier en France et à Sciences Po (à Nancy, à Poitiers, à Dijon, à Menton, au Havre, à Paris) sont une ressource intellectuelle et humaine vitale pour Sciences Po.

Ils nous apportent leurs cultures, leurs visions du monde, leurs propres questionnements, leurs façons de penser et de hiérarchiser les sujets, ils nous interrogent sur ce que nous sommes. Sciences Po est devenu un ensemble d'espaces cosmopolites où peut s'apprendre très jeune la multiculturalité, le plurilinguisme, le travail en équipes multinationales. La population étudiante de Sciences Po est moins "homogène" qu'il y a 20 ans ? Oui, et c'est voulu. Il y a 20ans, les "étrangers" suivaient des cursus particuliers, sans êre "mélangés" aux Français. Une section, la section "Relations internationales" accueillait la majorité d'entre eux. Il n'y avait pas ou presque pas d'élèves étrangers en 1er cycle.

En 2008, 25 % des diplômés de Sciences Po de cette promotion n'ont pas la nationalité française. Et 40 % des élèves entre la 1ère et la 5ème année ne sont pas français.

Sciences Po en chiffres et en images....

A partir d'aujourd'hui vous trouverez sur le blog Sciences Po en chiffres et en images un ensemble d'informations factuelles et de photos sur Sciences Po, que vous pourrez commentez.

Etudiants étrangers inscrits à Sciences Po (2001-2008)

Evolution du nombre de candidatures en 1er cycle à Sciences Po (2000 - 2008)

Evolution du nombre global de candidatures à Sciences Po (2000 - 2008)

Evolution du nombre global de candidatures à Sciences Po (2000 - 2008)

Les CEP et Sciences Po sur BFM

Mercredi 19/11, Phlippe Manière parle de Sciences Po sur BFM - Retranscription

STEPHANE SOUMIER - BFM Mais d’abord, Philippe Manière, notre rendez-vous avec l’Institut Montaigne. Vous voulez revenir, Philippe, sur le déplacement de Valérie Pécresse, hier, dans un lycée de la banlieue parisienne, avec cette idée de soutenir les expériences qui existent pour aider les jeunes issus des milieux modestes à entrer, eux aussi, dans les grandes écoles, Philippe ?

PHILIPPE MANIERE L’enjeu, il est énorme pour le pays Stéphane. Nos grandes écoles, elles ont des qualités et des défauts, mais avec le temps, on voit se renforcer leurs défauts, en particulier, elles recrutent de manière de plus en plus homogène. Alors, par exemple, si vous prenez les meilleures grandes écoles d’ingénieurs, du type polytechnique, en gros, il y a 50 ans, (un) gros 20 % des élèves admis avaient des parents d’origine modeste. Aujourd'hui, on est tombé à à peu près 10 %, ce n'est vraiment pas terrible ! C’est même assez navrant de voir que les gosses de riches trustent les places dans les meilleures formations, qui donnent accès, on le sait, aux meilleures positions dans la société. Aujourd'hui, trois quarts des élèves qui sortent diplômés des grandes écoles sont fils ou filles de cadres. Alors, d’où cela vient ? Bon ! Evidemment, les conditions matérielles dans lesquelles les élèves travaillent, leur environnement familial, tout cela, cela joue un rôle, mais il n’y a pas que cela, il y a aussi un énorme manque d’informations, même pas mal d’autocensure. Nous, à l’Institut Montaigne, on a travaillé sur le sujet, on a publié un rapport, il y a deux ans, et ce qui en ressortait, c’est que beaucoup d’enfants qui ont un vrai potentiel dans les banlieues, ils ne connaissaient pas l’existence de toutes ces filières d’excellence. Et quand ils les connaissaient, ils se disaient : « Ce n’est pas pour moi ». Alors, c’est cela qu’on peut essayer de changer en leur disant : « Toi aussi, faire une grande école, tu peux y arriver ». Et puis aussi, en les coachant, en les préparant spécialement au concours. Valérie Pécresse et Fadela Amara, c’est précisément ce genre de démarche qu’elles sont venues saluer hier.

STEPHANE SOUMIER - BFM Alors, Philippe Manière, justement, continuons à parler de cela, c’est la démarche de Sciences po, par exemple, avec une filière réservée aux jeunes gens qui viennent de ces quartiers.

PHILIPPE MANIERE Absolument ! Alors, en fait, c’est l’ESSEC qui a lancé la première expérience de ce type, mais à l’époque, il s’agissait seulement de coacher des élèves pour les aider à passer le même concours que les autres. Alors, c’est très bien mais c’est très lent en termes d’efficacité. Ce que Sciences po a apporté, c’est le concours spécial, les jeunes à fort potentiel, ils sont repérés, ils sont sélectionnés au niveau des lycées. Ensuite, ils sont poussés à être plus performants avec un soutien spécifique. Et puis, ensuite, ils passent un concours spécial qui leur laisse une chance même s’ils ne savent pas tout de Nietzsche ou de Proust, parce que Nietzsche et Proust, on ne les (lit) pas forcément dans toutes les familles (à la veillée) dans le 9-3. Alors, cela, c’est quelque chose que j’ai vécu, moi, de l’intérieur, le Proviseur du Lycée Jacques Feyder, que visitaient, justement, Valérie Pécresse et Fadela Amara, hier, il m'a intégré à un de ces jury qui présélectionnent ces jeunes gens, et je vous assure, on voit des mômes formidables qui raisonnent, qui ont même une forme d’érudition, mais qui ne sont pas forcément assez scolaires, qui n’ont pas assez de culture classique pour passer les concours habituels. Et quand on en voit un, qui rentre à Sciences Po ensuite, je vous assure que c’est un vrai bonheur, cela réconcilie avec l’idéal républicain. Donc, ces expériences, il faut les soutenir, il faut les multiplier parce que la méritocratie, c’est la promesse républicaine, mais aussi parce que ces mômes en ont besoin ; l’économie française, elle en a besoin. Aujourd’hui, on est un pays de 60 millions d’habitants qui recrutent ces élites dans des milieux qui représentent à peu près 10 % de la population, c’est comme si on réduisait le pays, son potentiel, à 6 millions d’habitants. C’est vraiment complètement idiot.

STEPHANE SOUMIER - BFM Philippe Manière, l’Institut Montaigne.

Mardi 18 à 17h amphithéâtre Emile Boutmy. "Obama, le message : décryptage d'une stratégie électorale"

par Olivier Duhamel et Pierre Giacometti. Pour les élèves de Sciences Po.

La sélection des élèves de Sciences Po par les différentes voies de recrutement a t elle des effets sociaux différents ?

En 1er cycle, le recrutement des élèves ayant accompli leurs études secondaires en France s'effectue à travers l'usage de trois instruments distincts : a) les bacheliers ayant obtenu une mention Très bien peuvent demander à être exonérés de l'examen : ils sont sélectionnés par un jury composé d'inspecteurs généraux de l'Education nationale sur leur dossier scolaire depuis la classe de 2nde ; b) l'examen classique sur épreuves écrites ; c) la sélection à travers les conventions Education prioritaire.

L'usage de ces trois voies de sélection a-t-il des effets différents sur la composition sociologique du corps étudiant de Sciences Po ?

Deux critères peuvent être proposés pour répondre à cette question : le taux d'élèves boursiers est-il significativement différent d'une population d'admis à l'autre ? le montant moyen des droits de scolarité est il significativement différent d'une population d'admis à l'autre ?

A la rentrée 2008, 371 élèves ont été recrutés par l'examen (bac0 et bac+1) ; 374 élèves ont été recrutés par l'examen sur dossier poour les mentions Très bien (bac0 et bac+1) ; 103 élèves ont été recrutés par les CEP.

La proportion de boursiers est respectivement de 10 % ; 22 % ; 62 %.

La moyenne des droits de scolarité acquittés est respectivemet de 3 000 euros ; 2 370 euros ; 800 euros.

Le modèle républicain a bon dos 9/ - Les réponses apportées par les conventions « Éducation prioritaire »

Le mode de sélection que Sciences Po a adopté en passant des conventions « Éducation prioritaire » (CEP) avec des lycées volontaires cherche à lutter contre les différents mécanismes d’autocensure qui brident les ambitions des lycéens les moins favorisés.

Supprimer la barrière financière à l’entrée dans des études longues et coûteuses

La réponse passe par des bourses d’un montant suffisant et une aide au logement. Claude Allègre a créé un système de « bourses de mérite » pour les bacheliers qui réunissent trois caractéristiques : des moyens financiers faibles ; une mention « très bien » ou « bien » au bac ; le choix de filières universitaires comme le droit ou la médecine. Jack Lang a accepté qu’il soit appliqué aux élèves admis à Sciences Po via la procédure de sélection des CEP. Ce soutien financier est donc une garantie puisqu’il s’élève à 6 200 euros par an, pour chacune des cinq années du cursus qui mène au master de l’IEP de Paris. De son côté, Sciences Po assure une exonération totale des droits de scolarité. L’impact du coût des études sur le budget familial est donc très limité. Pour peu qu’il y ait des stages rémunérés ou du travail pendant les vacances, le ou la jeune adulte qui étudie à Sciences Po peut, même modestement, contribuer au revenu familial. Et durant l’année universitaire, il ou elle n’a pas besoin d’ajouter de petits jobs à la formidable charge de travail exigée par les études.

L’aide au logement prend deux formes. La Cité universitaire internationale de Paris (boulevard Jourdan) a bien voulu réserver une partie de ses chambres aux élèves de Sciences Po sélectionnés par la procédure CEP qui en ont besoin, soit pour des raisons familiales, soit en raison de temps de transport extrêmement importants. Et plusieurs entreprises versent des bourses de logement.

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